Corrida 2019 à Sassenage

Nous nous sommes sentis bien seuls, Gérald et moi, ce dimanche, au départ de la Corrida, car nous étions les deux uniques représentants du club. Que répondre à la question : « Où sont passés les autres membres de VHS venus en nombre l’an passé? » La principale explication c’est que cette année les organisateurs ne se seront pas contentés de notre licence loisir et ont exigé un  certificat de course à pied en compétition.Heureusement notre ami médecin m’a fourni un certificat en urgence la veille de la course.
En fait, la bruine du petit matin a laissé place à un ciel couvert s’éclaircissant au fil du temps et du soleil en fin de parcours, du moins pour ceux qui n’ont pas couru trop vite. Bref, les conditions de course furent très correctes.
Pour Gérald et moi, c’était l’occasion de tester notre binôme en situation de course, même si le nombre de participants, environ 200, était ici bien modeste par rapport à celui auquel nous serons confrontés en Finlande. Dans le sas de départ, point d’autres malvoyants, ni d’autres handis, vous pouvez me croire, je les aurais vus! Par contre, beaucoup auront remarqué une bestiole dépassant tout le monde de 3 têtes ; ça c’était mon fils Clément arborant pour la course un déguisement de tyrannosaure Rex gonflable! Plusieurs l’ont acclamé, en pensant que c’était la nouvelle mascotte de l’épreuve.
Le parcours de 11,2 km passe par les petites rues de Sassenage, puis rejoint le barrage de St Egrève en passant par les berges du Furon et de l’Isère. Ce n’est pas difficile, à part un passage délicat, un sentier sombre et étroit, le long du Furon. La difficulté, quand on part en queue de peloton comme nous, ce fut de remonter la file de ceux qui par petits groupes prenaient parfois toute la largeur de la route; ça oblige à zigzaguer entre les groupes, changer de rythme et faire attention à ne pas bousculer les autres. Malgré toute ma vigilance, j’en ai bien bousculé 2 ou 3, et notamment Jean-Patrick Bolf, qui m’en a surtout voulu de lui être passé devant. Je dois dire ici que Gérald a été formidable dans ce pilotage à vue, si je puis dire, et m’a encouragé tout le long en me demandant: Yves, ça va? Au début, je répondais: oui, très bien ou super. Mais, après au bout d’une demi heure de ce petit jeu d’évitement, et alors qu’il y avait bien moins de monde sur la piste, j’y ai laissé des forces, et je n’étais plus trop en mesure de répondre aux ‘ça va? »
Bref,après une fin de course plutôt épuisante pour moi, nous franchissons la ligne d’arrivée en 1h02, 5 mn après le tyrannosaure. C’est frustrant de terminer derrière un animal vieux de plus de 65 millions d’années!
Au lendemain de la course, aux prises avec des courbatures pour 2-3 jours, je comprends le peu d’empressement à disputer ce genre d’épreuve.

Projet avec le STAPS UGA (Université Grenoble Alpes)

UGA et Vercors Handisport

 

Projet : Conception et construction d’un outil numérique concernant les techniques d’accompagnement du handiski nordique

 

Bonjour, nous sommes quatre étudiants en Master 1 STAPS à l’Université Grenoble Alpes et nous allons travailler cette année sur un projet proposé par l’association. Celui-ci a pour but de créer un outil numérique pour apprendre les techniques de guidage de personnes déficientes visuelles en handiski nordique et celles d’encadrement en luge nordique.

 

Ayant chacun quelques connaissances en matière de ski de fond, et étant issus de formations ou milieux proches du handicap, il nous a tout de suite semblé très intéressant et motivant d’entamer cette collaboration.

 

 

Marion GOLFIER

 

  • Je suis Marion Golfier, j’ai 22 ans et je viens de Perpignan. J’ai obtenu ma licence APAS à Font Romeu, une station de ski dans les Pyrénées Orientales et je viens d’arriver cette année sur Grenoble.

Pratiquant le ski alpin et le ski de fond depuis mes 5 ans je peux dire que j’ai des connaissances en ce qui concerne les deux techniques de ski de fond (alternatif et skating)

 

Au cours de ma licence j’ai eu l’occasion de m’initier au guidage en ski de fond pendant une semaine auprès de personnes déficientes visuelles venant de l’association « Les Joyeux Mirauds ». Ce projet sera pour moi l’occasion de réitérer cette expérience qui avait été très enrichissante.

 

Julie MARTOÏA

 

  • Julie, 23 ans, originaire de l’Alpe d’Huez, titulaire d’une licence entraînement sportif à Grenoble et actuellement en Master Ingénierie et science du mouvement humain. Ancienne skieuse en club alpin, je suis en cours d’obtention du monitorat (DE) de ski alpin. Le ski de fond a toujours été pour moi un loisir à partager, et je trouve ça dommage qu’il ne soit pas accessible à tous.

C’est pourquoi, de par mon expérience, je pense pouvoir apporter des connaissances sur la façon de construire et d’enseigner cet outil demandé par l’association Vercors Handisport.

 

Estelle BONNEFOND

 

  • Je m’appelle Estelle Bonnefond, j’ai 21 ans et je suis originaire d’un petit village près de Vienne. Ayant obtenu une licence APA-S (Activité Physique Adaptée et Santé) et actuellement en Master 1 Mouvement Ergonomie Handicap, je suis très intéressée par le sport et le milieu du handicap. Je pratique le ski alpin en loisir et ayant vécu un stage d’initiation de ski nordique, ce projet m’a tout particulièrement intéressée. Je suis donc ravie d’y contribuer, d’apporter mes connaissances mais surtout d’en apprendre davantage sur cette pratique.

 

Vincent ARDONCEAU

 

  • Vincent Ardonceau, j’ai 20 ans et je viens de Rodez dans l’Aveyron. Issu d’une licence APAS, je fais actuellement un master “mouvement, ergonomie et handicap” à la fac de STAPS. Les thématiques liées au handicap et à la pathologie m’ont de manière générale toujours intéressé, et je suis dans mes loisirs un pratiquant régulier de ski alpin. Curieux, le ski nordique est un milieu qui m’intéresse beaucoup, ce qui a fait de ce projet une occasion rêvée !

Témoignage de la marche nordique Grenoble-Villard de Lans du 19 mai 2019

Dimanche 19 mai 2019 est une date à marquer d’une pierre blanche ! On l’a fait ! Ce challenge, j’y ai pensé dès que vous vous êtes joints à nous le premier samedi où j’ai accompagné Michel. Je me suis dit : » tu es folle Mel, c’est une sacrée responsabilité mais pourquoi pas ? » Dès notre premier contact, Michel m’a fait entièrement confiance, je ne pouvais plus hésiter !
Cette journée restera gravée dans ma mémoire même si tout ne fut pas si facile ! En effet, mon manque d’expérience m’oblige à marcher la tête quasiment tout le temps tournée derrière moi afin de tout le temps veiller à ce que Michel ne dévie pas de sa trajectoire. Je dois avouer que marcher 21 kms avec la tête tournée n’a pas été évident pour moi ! En revanche, nous avons formé une bonne équipe avec Michel, moi le guidant du mieux que je pouvais, et lui me coachant dans les montées car je marche trop vite et je m’essouffle très rapidement. Régulièrement dans les montées, j’entendais « ralentis ! » Michel savait parfaitement contrôler ma vitesse et m’aider à mieux maîtriser ma respiration. Malgré mes difficultés et ma fatigue, je n’ai pas vu la journée passer !
Cette journée restera dans ma mémoire car j’ai pu faire la connaissance d’autres membres du club tous plus sympathiques les uns que les autres.
Vous avez forcé l’admiration des valides ! Je ne suis pas peu fière de dire que nous avons régulièrement doublé des valides avec Michel !
Je me suis bien rendue compte à quel point vous êtes des sportifs accomplis ! Je me suis pris une « bonne claque » !
Enfin, je vous remercie de m’avoir accueillie et acceptée telle que je suis. »
Mélissa guide d’un jour (guide toujours!?…?)

Mélissa

Récit du raid de Pralognan (29 au 31 mars 2019)

Raid à ski à Pralognan – 29 au 31 mars 2019

Participants : Camille Lozé, Dominique Kespi, Thomas et Yves Jouanneau

Michel m’a dit : « je me suis inscrit mais je ne peux pas y aller, vas-y à ma place , tu verras c’est sympa. Et trouve- toi un guide. » Outre le fait que trouver un guide en fin de saison alors qu’on a presque tous raccroché les skis pouvait s’avérer compliqué, je flairai le coup fourré, le petit mensonge par omission. Mais pouvais- je décevoir notre cher président?

A tout hasard, je demande à Thomas s’il est tenté par le week -end à Pralognan, et le job de guide. Comme il ne l’a jamais fait, ce sera une première, pour lui comme pour moi. Alors, nous nous inscrivons sur le site du CDHS pour compléter l’équipe VHS. Selon les règles des organisateurs du raid, toutes les équipes doivent être composées de 4 membres minimum, dont 2 handis au moins.
Vendredi après-midi, nous nous sommes donné rendez- vous à Sassenage, Camille, Thomas et moi, pour charger les skis et nos sacs dans la voiture. Le temps est printanier, et la météo nous annonce un soleil radieux tout le week-end.
Après 2 petites heures de route, nous arrivons à Pralognan vers 17h30. Nous sommes attendus à l’ANAE dont les locaux sont conçus pour accueillir des handicapés physiques. Dominique nous rejoint une heure plus tard. Nicolas, en bon organisateur, présente les six autres équipes : il y a là des savoyards, bien sûr, mais aussi 2 équipes de Pyrénéens venus pour l’occasion de leurs lointaines montagnes. Nicolas nous dévoile aussi le programme du raid : ski alpin le samedi avec descente d’un slalom, et ski de fond/biathlon le dimanche matin. Pour chaque épreuve, le classement se fait par équipe, en faisant la moyenne des temps des 4 co-équipiers. Il y a aussi des quizz auxquels les équipes sont invitées à répondre ; comme les questions portent beaucoup sur la Savoie, les régionaux sont avantagés, mais comment le leur reprocher, c’est eux qui organisent. Et de ce point de vue, la logistique, les déplacements, tout est super bien fait, et la douzaine de bénévoles engagés pour l’occasion ont fait le job tout le week-end.

Cela dit, je m’apprête à passer une mauvaise nuit, en pensant à l’épreuve du lendemain, car j’ai raccroché les skis alpins il y a au moins 10 ans quand je voyais encore le bout de mes spatules. J’ai aussi compris que j’étais le seul miraud de toute la bande d’handis, et qu’on ne me fera pas de cadeaux. En plus de ça, Michel m’a mis la pression en me disant: « vous ramenez le trophée, je compte sur vous.»
La nuit a été froide, et les pistes sont bien gelées quand nous nous pointons au bas de la station, samedi matin vers 8h30. Je bataille de longues minutes pour enfiler les chaussures de location, mais au moins ça réchauffe. Avec mes trois co-équipiers, nous embarquons sur le premier télésiège; deux remontées plus loin, nous arrivons en haut d’une piste bleue où le slalom sera disputé. Nous commençons l’échauffement, et la neige dure qui crisse sous les skis incite à la prudence. Mais les skis paraboliques que j’essaie pour la première fois se laissent guider plutôt bien, et, sans être à l’aise, je retrouve quelques réflexes de base avant d’aborder le slalom. Avec Thomas, nous faisons une reconnaissance du parcours et ça passe sans trop de difficultés. Mais, contrairement à ce qu’on nous a annoncé, le slalom n’a rien de géant ; le tracé occupe un bout de piste assez étroit, avec des portes resserrées et des passages étroits en bord de piste. Lors de la première manche, l’un de ces passages me sera fatal; je chute lourdement, perds un ski, et perds une bonne minute à rechausser et reprendre mes esprits. La 2ème manche se passe beaucoup mieux, même si mon temps 1,51 mn me relègue dans les bas-fonds du classement. Heureusement, mes co-équipiers assurent un maximum, notamment Camille et Dominique qui mettront presque 30 s de moins que moi. Malgré ça, notre équipe est reléguée à la 5ème place dès la première épreuve, et tout ça à cause de moi ; adieu veaux, vaches, cochons et le trophée!

L’après-midi, les équipes se retrouvent sur les pistes pour une sorte de course d’orientation. Avec un plan qui indique les balises à trouver, on doit répondre à des questions du genre : quel volume de neige peut-on faire avec 1 mètre cube d’eau ?
Le soir, comme nous n’avons pas accès à la patinoire, on a RV au bowling. Je n’ai jamais joué, et par- dessus le marché, je ne vois pas les quilles. Je passe mon tour, décidément, ce n’est pas mon jour. Je mise sur le lendemain pour me rattraper, car il y a ski de fond et biathlon au programme.

Dimanche, le réveil sonne une heure plus tôt, passage à l’heure d’été oblige. Arrivés au domaine nordique vers 8h30, la température est encore négative, et il ne faudra pas trop compter sur le soleil pour se réchauffer, car la vallée est encaissée et il ne pointera pas ses rayons avant 10h. Il ne faudra pas compter sur la boucle de biathlon, celle-ci ne fait que 300m. Sur une distance pareille, on ne peut pas creuser d’écart. Les équipes sont réparties en 2 groupes, et VHS fait partie de celles qui courront le biathlon dans un deuxième temps. En attendant, on nous occupe avec un petit jeu qui consiste à reconstituer des visages à partir d’éléments comme les yeux, les sourcils, etc. Ces éléments sont dispersés sur un parcours de ski, le but étant de trouver le plus de visages. Une fois de plus, l’épreuve ne convient pas à un miraud comme moi, mais je suis Thomas sur le parcours et ça me réchauffe.
Enfin, c’est notre tour, et, bonne nouvelle, le soleil est là. La course est un relais par équipe, et je pars en premier pour laisser le temps à Thomas de récupérer avant de prendre le dernier relais. Je fais un honorable 3/5 au tir à la carabine laser, puis passe le relais à Camille. Dominique et Thomas passent à leur tour, et nous finissons en tête. Mais, il faut tenir compte des pénalités de 20 s par tir manqué. De ce point, même si on est assez confiant car Dominique et Thomas ont fait un sans -faute au tir. De fait, l’équipe se classe 2ème aux deux épreuves de la matinée.

Après le dernier repas ensemble, les équipes sont invitées à la remise des prix. Au final, l’équipe VHS fait 3ème et monte sur le podium. Pour moi, ce n’est pas si mal ; mais je suis conscient d’avoir ruiné l’espoir de mes co-équipiers de faire un meilleur classement.

En définitive, je garderai un très bon souvenir de ce week-end sportif en Savoie, avec la satisfaction d’avoir trouvé une bonne recrue pour l’équipe en la personne de Thomas. Il est content de ses performances, et pense à se mettre au biathlon la saison prochaine.

Yves Jouanneau

Merci pour le don des chiffonnières de VDL

Mercredi 6 mars, Michel et moi avons rejoint Odile et Gérard aux Jarrands à Villard, sur le parking de la recyclerie de Villard de Lans. Nous étions attendus aux Chiffonnières comme 24 autres représentants d’associations ou d’école. Là, dans une ambiance chaleureuse, au milieu des derniers clients qui chinaient qui la chemise à 2€, qui le pantalon à 3€ et le manteau à 5€, nous nous sommes rassemblés pour la présentation rapide du travail des Chiffonnières suivi de la présentation succincte des projets des uns et des autres et de la remise d’un chèque d’au moins 1000 €, le tout suivi d’un pot pour favoriser les rencontres entre associations.
Tout cela grâce à un énorme travail de manipulation de linge (8 tonnes par an) ! Les chiffonnières trient, lavent, repassent, réparent et revendent les vêtements donnés à des prix défiant toute concurrence. En donnant une deuxième vie à ces vêtements, un bénéfice de 25000 € a été dégagé et les Chiffonnières le redistribuent à des projets collectifs des 4 montagnes du Vercors. Chacun a eu droit à son chèque. Les écoles pour des projets de classe de découverte ou autre, les associations sportives en tout genre dont la nôtre, les HEPAD, la maison de retraite, l’école de danse, de natation, de musique et j’en oublie…
Qui aurait dit que recycler enrichirait ainsi toutes les associations locales ?
Vous qui habitez le Vercors ou vous qui montez et passez tout près, n’oubliez pas de leur laisser des vêtements ou un meuble dont vous ne voulez plus ! Vous offrez une deuxième vie à vos objets, et vous faites vivre des projets par votre geste. Et encore un grand merci aux chiffonnières !